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Montaigne "des cannibales" et "des coches"

"Notre monde vient d'en trouver un autre " (Essais, III, 6) 

Programmation séquentielle




NOTA BENE sujet de dissertation modifié, cf. bas de cette page web (faire défiler).


Défi du jour: Montaigne en 2mn chrono

  • par Fr. BUSNEL / FranceTV

  • par la collection Folio/Gallimard

Synthèse comparative




Corpus étudié

  • "Des cannibales", I, 31

  • "Des coches", III, 6

Présentation radiophonique ("les chemins de la philosophie"/ France Culture):


Le texte lui-même, débutant par "Notre monde vient d'en trouver un autre":


Quiz préparatoire

Quelques repérages, guidés, en guise d'introduction aux 3 textes de MONTAIGNE qui constituent le socle de notre séquence


Oeuvre intégrale par extraits: édition conseillée

conseillée seulement (pour sa traduction en français moderne par André LANLY)



Présentation & actualité de MONTAIGNE


Cf. Un été avec Montaigne, France inter



et

https://www.college-de-france.fr/media/antoine-compagnon/UPL66272_Compagnon.pdf


Une énigme: la religion de MONTAIGNE?

Retour sur la fin des "Cannibales"


à compléter par: https://www.ehess.fr/fr/ouvrage/montaigne-montaigne où l’anthropologue a plutôt tendance à associer MONTAIGNE aux idées protestantes (véhiculées notamment par J. de LERY qui a diffusé ses écrits peu avant la publication des Essais)




MONTAIGNE, l'homme pluriel

mais d'un seul ouvrage (les Essais) :

Moi à cette heure, et moi tantôt, sommes bien deux. Quand meilleur, je n’en puis rien dire. (1505) (...) Je n’ai pas plus fait mon livre, que mon livre m’a fait. Livre consubstantiel à son auteur » (II, 18, 665, 1026) ; et « qui touche l’un, touche l’autre (III, 2, 806, 1258).

Parcours "Civilisation et sauvagerie"

Aux origines du "bon sauvage

Jean de LERYHistoire d’un Voyage fait en la terre du Brésil (1578)

L’Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil constitue l’œuvre principale de Jean de Léry. Dans ce tableau du monde sauvage, l’auteur dépeint la nature brésilienne et les coutumes de l’ethnie « Tupinamba ».

Toutefois avant de clore ce chapitre, c'est ici le lieu de répondre tant à ceux qui ont écrit, qu’à ceux qui pensent que la fréquentation entre ces sauvages tout nus, et principalement celle des femmes, incite à lubricité et paillardise. Sur quoi je dirai en un mot, qu'il est vrai, comme on peut s'y attendre, qu' il n’y a que trop d’occasion d’observer qu’outre la malhonnêteté de voir ces femmes nues, cela ne semble aussi servir comme d’un appât ordinaire pour susciter la convoitise : toutefois, pour en parler selon ce qui s'en est communément aperçu alors, cette nudité, si grossière chez ses femmes est beaucoup moins attrayante qu’on ne croirait. Et partant, je maintiens que les parures, fards, fausses perruques, cheveux tortillés, grands collets frisés, vertugadins, robes sur robes, et autres infinies bagatelles dont les femmes et filles de par deçà se contrefont et n’ont jamais assez, sont sans comparaison, cause de plus de maux que n’est la nudité ordinaire des femmes sauvages : lesquelles cependant, quant au naturel, ne doivent rien aux autres en beauté. (...) Mais ce que j’ai dit de ces sauvages est, pour montrer qu’en les condamnant si austèrement, de ce que sans nulle vergogne ils vont ainsi le corps entièrement découvert, nous ne sommes pas plus louable avec nos excès en l'autre extrémité, c'est à dire par notre luxe,nos superfluités et excès en habits. Et plût à Dieu, pour mettre fin à ce point, que chacun d'entre nous s’habillât modestement plus pour l’honnêteté et nécessité, que pour la gloire et mondanité.

Le discours de l'anthropologue

Claude LEVI-STRAUSS, Race et Histoire (1968)

L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n'est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc.., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or, derrière ces épithètes se dissimule un même jugement: il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain; et sauvage, qui veut dire «de la forêt », évoque aussi un genre de vie animal par opposition à la culture humaine. [...]
L'humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village; à tel point qu'un grand nombre de populations dites primitives se désignent elles-mêmes d'un nom qui signifie les «hommes » (ou parfois - dirons-nous avec plus de discrétion? - les « bons », les « excellents » , les « complets »), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus ou même de la nature humaine, mais qu'ils sont tout au plus composés de «mauvais», de « méchants », de « singes de terre » ou « d'œufs de pou ». On va souvent jusqu'à priver l'étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un « fantôme » ou une « apparition». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes avaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des Blancs prisonniers, afin de vérifier, par une surveillance prolongée, si leur cadavre était ou non sujet à la putréfaction. [...]
En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie".

Paradise lost ? Michel TOURNIER

Vendredi & Robinson, une acculturation réciproque?



Paul GAUGUIN "Je suis un sauvage!"

Mais comment devient-on sauvage?!

https://www.franceculture.fr/philosophie/gauguin-ou-la-vie-sauvage-jetais-un-autre-homme-un-sauvage-un-maori




Le barbare n'est pas celui que l'on croit...

Lisa REIHANA

artiste plasticienne néo-zélandaise (descendante de Maoris par son père), revient sur l'installation des colons blancs, dans une installation vidéo très remarquée, présentée récemment au Quai Branly; elle dénonce le mythe des "bons sauvages" civilisés ("policés" dirait-on au 16e s. de MONTAIGNE par l'homme blanc:


Le siècle des  Lumières, héritier de l'Humanisme


Cf. pour rappel, un passage de l'Encyclopédie, ici par le Chevalier de JAUCOURT, l'article "Traite des Nègres

À qui est-il permis de devenir opulent, en rendant malheureux ses semblables ? Peut-il être légitime de dépouiller l'espèce humaine de ses droits les plus sacrés, uniquement pour satisfaire son avarice, sa vanité, ou ses passions particulières ? Non... Que les colonies européennes soient donc plutôt détruites, que de faire tant de malheureux !

"Le regard éloigné" chez MONTESQUIEU: lettre 37 des Lettres persanes




Bons et mauvais sauvages? (parcours)



Du discours sur l'autre au discours par l'autre

Le diaporama suivant se place en cours, entre les séances consacrées à l'étude des extraits de MONTAIGNE et les deux textes de parcours associé, DIDEROT et Fr. FANON.


Parcours associé: Frantz FANON