Pauvreté des hommes, richesse des textes?

séquence "littérature d'idées" (19e-21e s.) en seconde: groupement de textes: pauvreté et misère

Programmation séquentielle




Discussion "littérature/idées" : un oxymore?

Qu'est-ce que la littérature engagée? Est-ce un passage obligé? La littérature d'idées recouvre -t-elle la littérature engagée?


La pauvreté, un sujet "rentable" en art?

Mais si ! Il mobilise et réactive des arrières-plans culturels chrétiens, il permet aussi de mobiliser des registres tragique et pathétique, aptes à nouer un lien rapide avec le lecteur ému ou frappé par des images impressionnantes ...


La pauvreté, une occasion en or pour la littérature (et la culture en général) ?!

C'est la thèse que l'on devine, en pointillés, dans le discours d'Eric VUILLARD :


https://www.franceculture.fr/litterature/les-coulisses-du-prologue-de-la-guerre-des-pauvres-deric-vuillard




HidA


MURILLO, "le jeune mendiant"



Entraînement à l'oral en enseignement hybride


et merci à PM, NL et LL !





Au cinéma, N. LEBAKI: "Capharnaüm"

Prix du Jury à Cannes (2018) : plongée dans la misère à Beyrouth non sans force hugolienne (le visage de l'enfance bafouée)




Publications récentes

cf. les marginaux, déclassés et précaires chez le prix Goncourt Nicolas MATHIEU

Leurs enfants après eux (2018) parle aussi de destin et de déterminisme social, problématiques déjà exploitées par le Naturalisme (Frères GONCOURT, ZOLA...).





Définir la "pauvreté"


Définition économique et institutionnelle?


Pauvreté relative ou monétaire?

Qu'est-ce que la décence? Que sont les ressources "acceptables"?

Quid des moyens/ coût de la vie en fonction des pays? Pour rappel l'Europe ne s'est mise daccord sur des "critères" et des "seuils" (50% ? 60% du revenu médian?) qu'en 2001 !

https://www.cnle.gouv.fr/definitions-de-la-pauvrete.html



Le regard des sociologues


S. PAUGAM (EHESS), qui revient sur des notions connexes: pauvreté/ inégalités / fragilité/ précarité / exclusion / disqualification sociale / désocialisation





Le regard des historiens

D. KALIFA, les bas-fonds

imaginaire romantique empreint de pauvreté et dénuement

Pour écouter le regretté D. KALIFA : https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/seminar-2016-01-12-17h30.htm


Etude iconographique réalisée par I. JABLONKA

http://histoire-image.org/fr/etudes/aspects-misere-urbaine-xixe-siecle


LA SEQUENCE




Victor HUGO

Présentation de l'écrivain

http://www.senat.fr/evenement/archives/D24/hugo.html


Guillaume GALLIENNE/ Un été avec HUGO pour France inter: Hugo engagé


Texte préparatoire

au Discours de 1849

Discours de 1849



http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-discours-parlementaires/victor-hugo-9-juillet-1849



Pour aller plus loin: Les caves de Lille (1851)

texte intégral (libre de droits) - compte-rendu de Victor HUGO député, écrivain et homme.



Anthologie complémentaire

sur la pauvreté et la misère en littérature




DM de commentaire: François BON


Activité préparatoire au commentaire


Elaboration d'une problématique, collecte des indices corroborant l'hypothèse de lecture et établissement d'un plan d'étude organisé à partir d'un texte incontournable sur la misère:


le Voreux, ce monstre qui avale les mineurs, selon Emile ZOLA



Ce texte d'anthologie a été salué par O. Mirbeau:

Zola vient de publier un roman : Germinal, qui possède toutes les qualités et aussi tous les défauts de ses aînés. C’est cependant un maître livre qui, en dépit des parti pris de naturalisme, révèle plus que jamais le tempérament romantique, lyrique même, de son auteur. Il y a dans Germinal des pages superbes, qui vous font couler dans l’âme des frissons tragiques, comme ceux dont vous secouent les sombres rêves du Dante.
C’est dans l’enfer moderne, au fond sinistre des mines, dont les gueules béantes engloutissent chaque jour tant de proies humaines, que l’auteur a placé son drame effrayant.

La France, 11 mars 1885.


Ebauche de l'auteur:

« La lutte du capital et du travail. Coup d’épaule à la société qui craque, la question la plus importante pour le XXe siècle. La révolution par la faim. Les Maheu. »

Documents préparatoires de Germinal, NAF10307, f° 1.



 doc. préparatoire par Zola
Plan du Voreux


Point-méthode

repérer, étayer, organiser son paragraphe de commentaire



Texte de commentaire



La pauvreté et la misère, fils rouges de l'oeuvre de Ken LOACH


Quand la pauvreté génère un "style": le réalisme social au cinéma

Le fond modifiant la forme: le cas Ken LOACH



Extrait du dernier opus (analyse de séquence en classe) Sorry we missed you




Pour aller plus loin, une idée de lecture : Le premier homme


La pauvreté, dont Camus a écrit que le soleil algérien l'avait rendue "fastueuse" (pour l'opposer à la "misère"de la grisaille parisienne), a forgé son identité, et d'homme et d'artiste. Elle prend sa source dans la vie, enfant, à Bellcour auprè du frère, de la mère (Catherine Sintès) et de la grand-mère.




Albert CAMUS à propos de son père

Un homme dur, amer, qui avait travaillé toute sa vie, avait tué sur commande, accepté tout ce qui ne pouvait s’éviter, mais qui, quelque part en luimême, refusait d’être entamé. Un homme pauvre enfin. Car la pauvreté ne se choisit pas, mais elle peut se garder.

et plus loin à propos de ses parents, miséreux d'un quartier pauvre (Belcourt, quartier d'Alger) :

Comment faire comprendre d’ailleurs qu’un enfant pauvre puisse avoir parfois honte sans jamais rien envier ?

Lecture cursive: Fl. AUBENAS, Le quai de Ouistreham (2010)


Est-ce bien de la littérature?


« La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l’impression d’un monde en train de s’écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J’ai décidé de partir dans une ville française où je n’ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail… J’ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j’avais trop à faire là-bas. J’ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n’ai plus quitté mes lunettes. Je n’ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m’arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c’est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009. J’ai gardé ma chambre meublée. J’y suis retournée cet hiver écrire ce livre. »

Florence Aubenas